Un homme prosté sur le corps d'une personne tuée dans une frappe israélienne, à l'hôpital Al-Chifa le 4 février 2026 ( AFP / Omar AL-QATTAA )
Des bombardements israéliens ont fait 21 morts mercredi dans la bande de Gaza, selon le ministère de la Santé, dans une nouvelle violation du fragile cessez-le-feu, pendant que le poste frontalier de Rafah avec l'Egypte reste entrouvert sous de très strictes conditions.
L'armée israélienne a affirmé avoir riposté avec des "frappes précises" à des tirs qui ont grièvement blessé un officier dans le nord du territoire palestinien.
En dépit d'un cessez-le-feu en place depuis le 10 octobre entre Israël et le Hamas, après deux ans de guerre, les violences se poursuivent quotidiennement. Selon le ministère de la Santé de Gaza, placé sous l'autorité du mouvement islamiste palestinien, 21 Palestiniens ont été tués et 38 blessés mercredi par des frappes aériennes ou tirs d'artillerie israéliens.
"Nous dormions quand soudain une pluie d'obus et de tirs s'est abattue sur nous", a raconté un survivant, Abou Mohammed Haboush, dont le fils a été tué à Gaza-ville, dans le nord du territoire. "De jeunes enfants ont été tués, mon fils et mon neveu sont parmi les morts", a-t-il ajouté.
Des images de l'AFP dans cette ville ont montré des proches de victimes priant dans l'enceinte de l'hôpital Al-Chifa, où étaient allongés des corps enveloppés de linceuls blancs.
Le directeur de l'hôpital, Mohammed Abu Salmiya, a déclaré que 14 morts et des dizaines de blessés y avaient été transportés. Il a dénoncé "une situation extrêmement difficile dans les hôpitaux du territoire, en raison des graves pénuries de médicaments et d'équipements".
Trois autres corps ont été transportés à l'hôpital Nasser de Khan Younès après des frappes qui ont touché des tentes et des maisons dans ce secteur du sud de Gaza, selon la Défense civile, un organisme de premiers secours placé sous l'autorité du Hamas.
L'armée israélienne a déclaré de son côté que des soldats avaient été visés par des tirs à proximité de la Ligne jaune, qui marque le retrait israélien d'environ la moitié du territoire aux termes de la première phase du plan de Donald Trump visant à mettre fin définitivement à la guerre.
- "Retrouver mon pays" -
Une fillette palestinienne regarde par la fenêtre d'un bus en arrivant à l'hôpital de Khan Younès à Gaza après être revenue d'Egypte, le 4 février 2026 ( AFP / Bashar Taleb )
Dans ce contexte de trêve très précaire et sous pression américaine, Israël avait accepté de rouvrir très partiellement lundi le passage de Rafah, seul accès au monde extérieur pour le territoire assiégé par Israël depuis le début de la guerre le 7 octobre 2023.
Cette réouverture a permis jusqu'à présent le passage de quelques dizaines de Palestiniens de Gaza dans les deux sens, essentiellement des malades ou blessés évacués vers l'Egypte, accompagnés de leurs proches, ou des habitants de retour après avoir reçu des soins.
Mardi, 45 personnes ont pu gagner l'Egypte et 42 autres sont rentrées à Gaza, a déclaré à l'AFP une source du Croissant rouge palestinien.
Pendant la nuit, un autocar transportant des Palestiniens de retour d'Egypte via Rafah est arrivé à Khan Younès, selon des images de l'AFP. Des femmes et des enfants en sont descendus, accueillis par leurs proches impatients de les serrer dans leurs bras.
"Je ne peux décrire ce que je ressens", a confié une Palestinienne, Fariza Barabakh. "Je suis si heureuse de retrouver mon mari, mes enfants, ma famille, mes bien-aimés, et bien sûr, retrouver mon pays".
Une femme palestinienne venue d'Egpyte enlace une proche à l'hôpital Khan Yunès à Gaza, le 4 février 2026 ( AFP / Bashar Taleb )
"Le sentiment d'appartenir à une terre est plus important que tout autre", a-t-elle ajouté.
Le passage de Rafah, fermé depuis que l'armée israélienne en avait pris le contrôle du côté palestinien en mai 2024, devait rouvrir, aux termes du plan Trump, une fois les derniers otages retenus à Gaza libérés.
Les autorités israéliennes n'ont accepté pour l'heure qu'un passage soumis à des conditions très strictes pour les habitants du territoire souhaitant rentrer d'Egypte, mais pas l'ouverture totale réclamée par les organisations humanitaires pour permettre une entrée massive de l'aide internationale.
Selon le ministère de la Santé de Gaza, au moins 556 personnes ont été tuées par des frappes israéliennes depuis le 10 octobre, tandis que l'armée israélienne a annoncé avoir perdu quatre soldats.

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